Attaque chimique en Syrie le Mardi 04 Avril 2017
58 morts dans une attaque «chimique» en Syrie par le régime de Bachar El Assad.
Une attaque au gaz chimique menée sur la ville de Khan Cheikhoun, au nord-est de la Syrie a fait 72 morts dont 11 enfants.
Paris condamne un « acte ignoble » et demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.
Le bilan ne cesse de s'aggraver alors que les attaques continuent de se poursuivre dans la région d'Idleb et Hama.
On recense plus d'une quarantaine d'attaques depuis 6h30.
La Coalition nationale, importante composante de l'opposition syrienne, a accusé le régime d'avoir utilisé des « obus contenant du gaz chimique ». Elle a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de « convoquer une réunion urgente [...] et d'ouvrir une enquête immédiate ».
Le correspondant de l'AFP dans un hôpital de Khan Cheikhoun a vu des patients avec de la mousse sortir de leur bouche. Beaucoup ont été aspergés d'eau par les médecins qui tentaient de les réanimer. Il a par la suite rapporté que cet hôpital avait été bombardé, provoquant d'importantes destructions et la fuite de médecins parmi les décombres.

D'après l'OSDH, les victimes sont décédées en raison des effets de ce gaz non identifié, notamment par suffocation. Citant des sources médicales dans la ville, l'Observatoire a fait état d'évanouissements, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des victimes, mais il n'est pas en mesure d'identifier le gaz en question.
L'opposition a accusé le régime syrien d'avoir mené cette attaque. L'armée syrienne a "démenti catégoriquement" être responsable. L'armée russe, principal soutien du régime, a quant à elle affirmé n'avoir mené aucun raid aérien dans la zone touchée.
Le président de la République a pointé la responsabilité de Bachar Al-Assad dans ce "massacre". Il a également dénoncéla "responsabilité morale" des "alliés" du président syrien.
L'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) évoque 100 morts et 400 blessés, victimes d'asphyxie, alors que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme parle toujours de 58 tués, dont 11 enfants, et 170 blessés.
Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira en séance extraordinaire mercredi pour aborder l'attaque chimique présumée perpétrée en Syrie, qui a fait au moins 58 morts dont 11 enfants, a annoncé l'ambassadrice américaine auprès de l'ONU.
«L'attaque chimique perpétrée aujourd'hui en Syrie contre des innocents, y compris des femmes et des enfants, est répréhensible», a déclaré Sean Spicer, porte-parole de Donald Trump, dénonçant «un acte odieux» du régime Assad. Il serait dans l'«intérêt» des Syriens qu'Assad ne gouverne plus, selon la Maison Blanche.
La Commission d'enquête de l'ONU sur les droits de l'Homme en Syrie a annoncé mardi qu'elle «enquête actuellement» sur l'attaque «chimique» dans le nord-ouest de la Syrie.

Le gouvernement syrien dément avoir utilisé des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait 310.000 morts depuis mars 2011. Mais les soupçons existent toujours aujourd'hui...
Une mission d'enquête de l'ONU et de l'OIAC a déjà déterminé que le régime syrien avait mené au moins trois attaques au chlore en 2014 et 2015. Les enquêteurs ont également déterminé que les jihadistes du groupe Etat islamique avaient eux aussi utilisé du gaz moutarde en 2015.
L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques basée à La Haye «est gravement préoccupée par l'attaque présumée aux armes chimiques rapportée par les médias (mardi) matin à Kan Cheikhoun, région du sud de la province d'Idleb», a-t-elle déclaré dans un communiqué, affirmant «rassembler et analyser des informations de toutes les sources disponibles».

Le bilan du drame risque de s'alourdir dans les heures qui viennent. En effet, l'hôpital traitant les blessés a été bombardé, provoquant des destructions importantes dans l'établissement, a constaté le correspondant de l'AFP sur place.
